Bruxelles recherche une « coalition internationale » sur le commerce des produits écologiques
La Commission européenne convoquera une réunion ministérielle l’année prochaine afin de promouvoir le commerce comme moyen d’atteindre les objectifs climatiques et environnementaux de l’Union.
La Commission européenne convoquera une réunion ministérielle l’année prochaine afin de promouvoir le commerce comme moyen d’atteindre les objectifs climatiques et environnementaux, dans ce qui pourrait être la première étape vers la création d’un « club climatique » réclamé par l’Allemagne.
« Je m’engage à créer une coalition des ministres du Commerce du monde entier qui souhaitent prendre des mesures pour promouvoir le commerce des biens et services écologiques », a déclaré jeudi 7 octobre Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission chargé de l’économie.
« Pour aller de l’avant, j’appellerai à une réunion ministérielle consacrée au commerce, au climat et à la durabilité l’année prochaine », a déclaré le commissaire letton lors du sommet européen sur l’investissement durable à Bruxelles.
Cette initiative pourrait être la première étape vers la création d’un « club climatique » que l’Allemagne appelle de ses vœux. Olaf Scholz, ministre des Finances du pays, a exhorté l’UE à créer un tel club climatique avec d’autres pays comme les États-Unis, le Japon et peut-être même la Chine.
Cette initiative viserait à atténuer les frictions commerciales liées aux droits de douane écologiques, comme la taxe carbone à la frontière prévue par l’UE, qui vise à protéger les industries européennes contre les importations moins chères de produits polluants.
« Et pour ce faire, c’est une bonne idée de discuter de la création d’une sorte de club de personnes désireuses de faire des choses similaires et de ne pas se faire concurrence », a déclaré M. Scholz au début de cette année.
Le parti de M. Scholz, le parti social-démocrate allemand, est arrivé en tête des élections fédérales de septembre et le ministre des Finances pourrait bien devenir le prochain chancelier du pays après seize ans de règne d’Angela Merkel.
L’initiative de la Commission en matière de commerce intervient alors que les dirigeants du monde entier se préparent à se réunir en novembre au sommet sur le climat COP26 à Glasgow. Les gouvernements devraient y prendre de nouveaux engagements pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, conformément à l’objectif de l’accord de Paris de contenir le réchauffement de la planète « bien en dessous de 2 °C ».
Par ailleurs, les accords commerciaux joueront un rôle clé dans la réalisation des objectifs de décarbonation, a déclaré M. Dombrovskis.
« Nous proposons l’inclusion des engagements climatiques de Paris comme élément clé des négociations commerciales. Et nous cherchons à obtenir des engagements en faveur de la neutralité climatique dans nos négociations avec les pays du G20 », a déclaré le vice-président de la Commission.
L’UE a déjà commencé à inclure des clauses climatiques dans ses accords commerciaux bilatéraux, à commencer par l’accord commercial UE-Japon en 2018. En mai de cette année, Bruxelles et Tokyo ont scellé une « alliance verte », réaffirmant leur « ambition commune d’atteindre des émissions nettes de gaz à effet de serre nulles d’ici à 2050 ».
Ces alliances deviennent désormais la norme dans les négociations commerciales de l’UE.
L’Europe « utilisera ses accords commerciaux pour accélérer la coopération sur l’action climatique et d’autres défis environnementaux, tels que la biodiversité et les systèmes alimentaires durables », a déclaré M. Dombrovskis.
Les États-Unis sont un autre partenaire potentiel clé de l’Europe en matière de technologies vertes. Dans le sillage de l’élection de Joe Biden à la Maison Blanche l’année dernière, la Commission a proposé d’établir « un programme vert transatlantique global » afin de coordonner les positions de l’UE et des États-Unis sur le changement climatique.
Lors d’un sommet qui s’est tenu en juin, les deux parties ont présenté les grandes lignes d’une alliance transatlantique visant à développer les technologies vertes, en indiquant que la finance durable était un domaine où la collaboration transatlantique devait être plus étroite.
Mais des frictions demeurent néanmoins. En juillet, la Commission a présenté un mécanisme d’ajustement aux frontières pour le carbone afin de protéger les entreprises européennes confrontées à des prix du carbone plus élevés que leurs concurrents étrangers.
Entrant en vigueur à partir de 2026, il signifiera que certaines entreprises qui importent dans l’Union européenne devront payer des coûts de pollution à la frontière pour les produits à forte concentration de carbone, comme l’acier.
La Chine a critiqué cette mesure, affirmant que la taxe proposée « viole les principes de l’OMC » et « ébranlera sérieusement la confiance » dans le système commercial mondial.
Les États-Unis ont également exprimé des réserves, affirmant que la mise en œuvre d’une taxe à la frontière sur les importations à forte intensité de carbone serait « extrêmement compliquée ».
Bruxelles espère que les accords commerciaux permettront de réduire le coût d’accès aux technologies propres nécessaires à la transition écologique.
Les objectifs climatiques de l’Europe « ne seront pas bon marché », a prévenu M. Dombrovsiks. La réalisation des objectifs climatiques de l’UE pour 2030 — une réduction de 55 % des émissions de gaz à effet de serre – « nécessite des investissements annuels supplémentaires de quelque 355 milliards d’euros au cours de la prochaine décennie », provenant de sources privées et publiques, a-t-il fait remarquer.
Ces investissements s’ajouteront aux 130 milliards d’euros dont l’Europe aura besoin pour atteindre d’autres objectifs environnementaux, a-t-il ajouté.